Bio
Née en 1990, d’ascendance franco-irakienne, Hadil Salih développe une pratique où le dessin, la céramique, la gravure, la calligraphie arabe et la sculpture pour la danse se combinent dans un esprit de collage. Son univers, nourri de références anthropologiques, philosophiques et botaniques, assume l’hétérogénéité comme principe créatif.
Héritière d’une tradition millénaire de calligraphie arabe, mais aussi du mouvement anglais Arts & Crafts, né à la fin du XIXᵉ siècle et prônant l’unité entre beaux-arts et arts décoratifs, elle s’inscrit également dans la lignée française de L’Art dans Tout (vers 1900), qui abolissait les hiérarchies entre art et artisanat.
L’altérité, le rapport aux vivants — végétaux, animaux non humains — mais aussi aux « non-vivants », aux fantômes, à l’invisible et au sacré traversent l’ensemble de ses œuvres. Y résonnent des tentatives de dialogues inter-espèces, d’interactions avec les non-humains, ces « parents féériques* » pour reprendre l’expression d’Estelle Zhong Mengual : des êtres perçus dans leurs complexités, leurs étrangetés et leurs singularités, mais aussi dans leurs parentés et correspondances avec nos propres corps.
Au sein de son travail, métamorphoses, communications polyglottes inter-espèces et relations à l’invisible s’imbriquent et se croisent. Les sculptures pour la danse deviennent des espaces de transformation du corps du danseur, de rencontre avec l’altérité — la performance artistique rejoint en cela la performance rituelle. Les collages y sont des combinaisons kaléidoscopiques d’images sacrées et profanes, multiples, ambiguës, parfois subversives. Les dessins et gravures, d’une précision chirurgicale, semblent surgir d’un rêve où le réel n’en devient que plus étrange, féérique et fantastique.
Son travail est présenté dans des institutions telles que le Musée de la Chasse et de la Nature, le Carreau du Temple, Cartier International ou encore l’Institut du Monde Arabe. Ses collaborations traversent les champs de la littérature, de la danse et de la musique contemporaine (avec les chorégraphes et danseurs Marinette Dozeville, Wrestler, Julie Lamoine, La Fabrique de la Danse, Lorenzo de Angelis, ainsi que le chef d’orchestre Léo Margue ou la poétesse Tiphaine Rault…).
Ces rencontres l’amènent à la cofondation du collectif d’improvisation pluridisciplinaire arts visuels, musique et danse contemporaine LE CHANTIER. Engagée dans la transmission, elle a également l’occasion de donner des workshops au sein d’institutions telles que le Musée d’Art Moderne de Paris, le musée Rodin, le Carreau du Temple, l’Institut du Monde Arabe, le musée du Quai Branly – Jacques Chirac ou encore l’École nationale supérieure de Paris (ENS Ulm).
Estelle Zhong Mengual, Apprendre à voir, 2021
